Méthodologie d'estimation de l'actif, du passif, des capitaux propres et des ratios financiers

Le bilan est établi en grande partie d'après les données déjà produites par la Division de l'agriculture. La valeur de la plupart des éléments d'actif est tirée des séries de la valeur du capital et des frais d'amortissement. La date de référence de la série de la valeur du capital est le 1 juillet, tandis que celle du bilan est le 31 décembre; les estimations des deux séries ne sont donc pas identiques. En outre, la valeur du capital englobe la partie personnelle des éléments d'actif, alors que le bilan (jeu 2) l'exclut.

Dans cette série, seules les données afférentes au bilan du secteur agricole (jeu 2) sont fournies parce que ce sont celles qui reflètent le plus adéquatement les éléments de l'actif utilisés dans la production agricole. Les autres comptes de bilan peuvent être communiqués sur demande. Les quatre jeux de bilans agrégés produits pour l'agriculture canadienne sont décrits dans le document ci-joint : Description de l'actif, du passif, des capitaux propres et des ratios financiers.

Mêmes s'ils ne sont pas publiés dans la série de la valeur du capital, les biens immobiliers agricoles, les machines et le bétail sont disponibles par suite du processus d'estimation utilisé pour établir les séries de la valeur du capital et des frais d'amortissement. La part des maisons, automobiles et camions revenant aux entreprises est estimée au moyen des mêmes hypothèses utilisées dans la série des frais d'amortissement.

La valeur de l'actif obtenue à partir des séries de la valeur du capital et des frais d'amortissement représente environ 90 % de la valeur totale de l'actif au bilan. Ces estimations sont jugées être de bonne qualité. La qualité des données est décrite plus en détail dans les bulletins Valeur du capital agricole (numéro d'enregistrement 3471) et Dépenses d'exploitation agricoles et frais d'amortissement (numéro d'enregistrement 5214).

Les autres éléments de l'actif immobilisé, qui comprennent les placements à long terme ainsi que les soldes d'Agri-investissement, représentent environ 1 %.

La valeur à la fin de l'année des stocks de cultures, fournie par la Sous-section des prix agricoles, représente environ 3 % de la valeur de l'actif total et est jugée être de bonne qualité.

Les quatre autres composantes de l'actif (liquidités, obligations et épargne; comptes débiteurs; intrants; quotas) représentent environ 7% de la valeur de l'actif total. Elles sont fondées sur les données des enquêtes de Financement agricole Canada (FAC) pour les années 1980, 1983, 1987, 1989 et 1991 et sur celles de l'Enquête financière sur les fermes (EFF) depuis 1993. Pour les années intermédiaires, des interpolations ont été faites à partir des estimations.

Le passif total est fondé sur la série de la dette en cours Dette agricole en cours (numéro d'enregistrement 3472). La dette totale est divisée entre le passif à court terme et le passif à long terme, à l'aide des ratios calculés au moyen des données des enquêtes de FAC ou de l'EFF. La qualité de ces sources est jugée bonne.

La part personnelle de la dette à long terme est exclue au moyen du ratio des biens immobiliers agricoles excluant la part personnelle aux biens immobiliers agricoles comprenant cette part. On suppose qu'aucun élément du passif à court terme n'est utilisé à des fins personnelles. Ces hypothèses sont considérées comme raisonnables.

Les estimations des composantes du bilan sont calculées par province et par année. Pour obtenir les estimations à l'échelle du Canada, on additionne les estimations provinciales. Les ratios financiers annuels sont calculés séparément pour chaque province et pour le Canada.

Étant donné que le bilan constitue essentiellement un compte intégré qui englobe d'autres séries de données, le processus des révisions est déterminé par les diverses séries d'origine (solde de la dette agricole, valeur du capital agricole et compte de valeur ajoutée). L'utilisateur qui veut mieux comprendre ce processus consultera la section des concepts et méthodes de ces bulletins.

L'actif à court terme est la somme des liquidités, des obligations et de l'épargne, des comptes débiteurs et des stocks.

Les estimations des liquidités, des obligations et de l'épargne pour les jeux 1 et 3 sont fondées sur les données d'enquêtes de FAC ou de l'EFF. Dans le cas des jeux 2 et 4, des ajustements sont faits pour exclure la part personnelle des liquidités, des obligations et de l'épargne détenue par les ménages agricoles. Nous supposons que la part détenue par les ménages agricoles correspond aux deux tiers de la totalité des liquidités, des obligations et de l'épargne. Il s'agit d'une hypothèse fondée sur les données du bilan des opérations agricoles aux États-Unis. Par conséquent, pour exclure la part personnelle détenue par les ménages agricoles, nous déduisons deux tiers des estimations faites à partir des données de FAC ou de l'EFF.

Les estimations des comptes débiteurs sont fondées sur les données de FAC ou de l'EFF et sont les mêmes dans tous les jeux.

Les estimations des stocks sont fondées sur plusieurs sources, dont l'enquête Production de volaille et d'oeufs (numéro d'enregistrement 5039) et l' Enquête semestrielle sur le bétail (numéro d'enregistrement 3460) . Les stocks se divisent en trois composantes : la volaille et les animaux de marché, les cultures et les intrants. Nous avons supposé que la totalité de la valeur des stocks se rapporte aux entreprises agricoles. Dans les jeux 2, 3 et 4, les estimations sont les mêmes que dans le jeu 1.

La valeur de la volaille et des animaux de marché à la fin de l'exercice correspond à la somme des valeurs à la fin de l'exercice de la volaille et des animaux de marché. On obtient ces valeurs en multipliant la valeur des stocks par la valeur par tête (tirées de sources administratives). Les animaux de marché comprennent les génisses de boucherie, les bouvillons, les veaux, les porcs autres que les verrats ou les truies, et les moutons destinés à être vendus. La valeur des animaux à fourrure n'est pas calculée séparément car la plupart sont écorchés à l'automne.

On calcule la valeur des cultures en additionnant les valeurs à la fin de l'exercice du blé à l'exclusion du blé dur, du blé dur, de l'avoine, de l'orge, du seigle, du maïs, du lin, du canola, du soya, des graines de moutarde, de l'alpiste des Canaries, des graines de tournesol, des pois secs, des pois chiches, des lentilles, du tabac et des pommes de terre. On obtient ces valeurs à la fin de l'exercice en multipliant les moyennes des prix de décembre et de janvier par les estimations des stocks à la fin de l'exercice.

Les estimations de la valeur des intrants sont fondées sur les données de FAC ou de l'EFF.

Avant 1991, la valeur de l'actif détenu par les ménages est déterminée à partir de la valeur des maisons. On a supposé que cette part correspond à 60 % de la valeur des maisons. Cette supposition repose en gros sur la structure des polices d'assurance-habitation selon laquelle la couverture des biens mobiliers correspond généralement à 60 % de la valeur du logement. Pour chaque jeu, cette valeur est établie à 60 % de la valeur des maisons. Comme il sera décrit plus loin, la valeur des maisons elle-même varie d'un jeu à un autre, car des ajustements sont faits afin d'exclure la part personnelle des ménages et la partie louée des propriétaires non-exploitants.

Les estimations des quotas sont fondées sur les données d'enquêtes de FAC ou de l'EFF.

Pour les quatre jeux, la valeur à la fin de l'exercice des animaux de reproduction est la somme des valeurs à la fin de l'exercice des taureaux, des vaches laitières, des vaches de boucherie, des génisses laitières, des génisses de remplacement pour la production bovine, des verrats, des truies, des béliers, des brebis, des agneaux de remplacement et des géniteurs des fermes d'élevage d'animaux à fourrure. On obtient la valeur à la fin de l'exercice en multipliant la valeur des stocks par la valeur par tête (tirées de sources administratives). On obtient la valeur des animaux à fourrure élevés sur des fermes en multipliant le nombre d'animaux sur les fermes à la fin de l'exercice par une valeur par tête fondée sur les variations des prix des pelleteries. Les données relatives aux animaux à fourrure élevés sur des fermes ont été obtenues de la Section du bétail de la Division de l'agriculture. La valeur des animaux élevés sur des fermes d'animaux à fourrure peut inclure également les animaux qui n'ont pas été écorchés à l'automne.

Les machines comprennent les automobiles, les camions et toutes autres machines.

Les estimations relatives aux automobiles et aux camions dans le cas des jeux 1 et 3, ainsi que celles d'autres machines dans le cas de tous les quatre jeux, sont calculées à partir de la série sur la valeur du capital agricole (dans la présente publication) de la Division de l'agriculture. L'estimation de la valeur à la fin de l'exercice a été calculée à partir de la moyenne des valeurs au 1 juillet. Pour l'année la plus récente, on utilise la valeur au 1 juillet plutôt que la valeur à la fin de l'exercice. Par rapport aux automobiles et aux camions dans le cas des jeux 2 et 4, on exclut la part personnelle des ménages d'exploitants agricoles.

Les immobilisations agricoles se divisent en trois composantes : les terres, les bâtiments de ferme et les maisons. Les estimations des valeurs de ces composantes pour le jeu 1 sont tirées de la série de données sur la valeur en capital des terres et des bâtiments de la Division de l'agriculture. On a fait la moyenne des valeurs au 1 juillet pour estimer les valeurs à la fin de l'exercice. Dans le cas de l'année la plus récente, on utilise la valeur au 1 juillet plutôt que la valeur à la fin de l'exercice.

Dans le cas du jeu 2, les valeurs des terres et des bâtiments de ferme sont les mêmes que celles du jeu 1. On calcule la partie des maisons consacrée aux entreprises agricoles en multipliant la valeur des maisons du jeu 1 par 15 %. Nous supposons qu'une proportion de 15 % de la maison d'un exploitant agricole sert à l'entreprise agricole. Cette méthode est conforme à celle qui est utilisée dans les séries analogues.

Dans le cas du jeu 3, on exclut la valeur des immobilisations que possèdent les propriétaires non-exploitants en multipliant les estimations de la valeur des terres, des bâtiments de ferme et des maisons du jeu 1 par les ratios provinciaux annuels. Ces ratios sont fondés sur les données relatives au mode d'exploitation de la terre tirées des enquêtes de FAC ou de l'EFF.

Dans le cas du jeu 4, la part de la valeur des maisons détenue par les ménages et la valeur des immobilisations louées des propriétaires non-exploitants doivent être exclues. Les estimations de la valeur des terres et des bâtiments de ferme sont les mêmes que dans le jeu 3, mais on a multiplié par 15 % la valeur des maisons du jeu 3 pour déterminer la part qui est consacrée à l'entreprise agricole.

Les autres éléments de l'actif immobilisé comprennent les placements à long terme provenant de l'Enquête financière sur les fermes, ainsi que les soldes d'Agri-investissement (ayant débuté en 2008). Avant la fin des programmes en 2007, et la fermeture subséquente de tous les comptes des producteurs en 2009, les soldes du Compte de stabilisation du revenu net (CSRN) et, au Québec, du Compte de stabilisation du revenu agricole (CSRA) étaient également inclus. Les soldes d'Agri-investissement, du CSRN et du CSRA proviennent tous de données administratives. Cette série débute en 1991.

L'actif total est la somme de l'actif à court terme, des quotas, des animaux de reproduction, des machines, des immobilisations agricoles et des autres éléments de l'actif immobilisé.

Les données relatives au passif à court terme sont fondées sur la série de la dette agricole en cours de la Division de l'agriculture. Les estimations de la dette agricole en cours pour chaque province sont multipliées par des ratios de la dette à court terme à la dette totale qui sont calculés au moyen des données des enquêtes de FAC ou de l'EFF. Aucun ajustement n'est fait pour les divers jeux.

Dans le jeu 1, le passif à long terme correspond à la dette totale en cours moins le passif à court terme. Le passif à long terme est ensuite ajusté pour exclure les parts des propriétaires non-exploitants et des ménages d'exploitants agricoles.

Dans le jeu 2, la valeur du passif à long terme (excluant la part du ménage agricole) est calculée en multipliant les estimations du passif à long terme du jeu 1 par le ratio de la valeur totale des immobilisations agricoles du jeu 2 (qui exclue les ménages) à la valeur totale des immobilisations agricoles incluant les ménages du jeu 1.

Dans le jeu 3, la valeur du passif à long terme (excluant la part des propriétaires non-exploitants) est calculée en multipliant les estimations du passif à long terme du jeu 1 par la valeur totale des immobilisations agricoles du jeu 3 (qui exclue la part des propriétaires non-exploitants) à la valeur totale des immobilisations agricoles incluant la part des propriétaires non-exploitants du jeu 1.

Dans le jeu 4, la part du passif à long terme des propriétaires non-exploitants et celle des ménages sont exclues. Les valeurs du passif à long terme du jeu 3 (qui excluent la part des propriétaires non-exploitants) sont multipliées par le ratio de la valeur totale des immobilisations agricoles du jeu 4 (qui exclue la part des ménages agricoles) à la valeur totale des immobilisations agricoles incluant la part des ménages agricoles du jeu 3.

Le passif total correspond à la somme du passif à court terme et du passif à long terme.

Les capitaux propres correspondent à la différence entre l'actif total et le passif total.

On se sert des données du bilan pour calculer tous les ratios de liquidité et de solvabilité.

Les ratios de rentabilité et d'efficacité financière sont obtenus au moyen des données du bilan et des données du compte de valeur ajoutée.

Le ratio du fonds de roulement (AC/PC) correspond au quotient de l'actif à court terme (AC) par le passif à court terme (PC).

Le ratio de trésorerie [(E+D)/PC] correspond au quotient de l'encaisse, des titres négociables et des comptes débiteurs par le passif à court terme. Pour calculer ce ratio, on utilise la valeur des liquidités, des obligations et de l'épargne (E) plutôt que les liquidités augmentées des titres négociables. On obtient le ratio de trésorerie en déterminant la somme des liquidités, des obligations, de l'épargne (E) et des comptes débiteurs (D) et en la divisant par le passif à court terme (PC).

On obtient le ratio de la structure financière (PC/PT) en divisant le passif à court terme (PC) par le passif total (PT).

On obtient le ratio de levier (PT/CP) en divisant le passif total (PT) par les capitaux propres (CP).

On obtient le ratio d'autonomie financière (CP/AT) en divisant les capitaux propres (CP) par l'actif total (AT).

On obtient le ratio d'endettement (PT/AT) en divisant le passif total (PT) par l'actif total (AT).

Le ratio de rotation des capitaux (R/AT) est obtenu en divisant les revenus (R) par l'actif total (AT). Aux fins des comptes de bilan, les revenus (R) sont déterminés à partir du compte de valeur ajoutée en additionnant : les ventes de produits agricoles, les ventes de produits non agricoles et les autres sources contribuant à la valeur de la production. La valeur de l'actif total (AT) utilisée est la valeur au début de la période pendant laquelle les revenus sont réalisés (c'est-à-dire la valeur de l'actif total au 31 décembre de l'année précédente).

Le rendement de l'actif est égal au bénéfice net avant impôt (BNAI) augmenté des intérêts (I), moins la valeur du travail non rémunéré de la famille et de l'exploitant, divisé par l'actif total moyen (ATM). Dans le jeu 1, le bénéfice net avant impôt augmenté des intérêts est obtenu à partir de la série de données sur la valeur ajoutée en additionnant le loyer versé aux propriétaires non-exploitants, les bénéfices des sociétés, les salaires perçus par la famille, les rendements de l'exploitant non constitué en société et les intérêts. Dans le cas des jeux 2 et 4, les salaires perçus par la famille ne sont pas inclus. Le loyer versé aux propriétaires non-exploitants n'est pas inclus dans les jeux 3 et 4. L'actif total moyen (ATM) correspond à la moyenne de l'actif total au début et à la fin de l'année. Par conséquent, le rendement de l'actif se calcule ainsi : [(BNAI+I)/ATM].

Le rendement des capitaux propres correspond au bénéfice net moins la valeur du travail non rémunéré de la famille et de l'exploitant agricole divisé par les capitaux propres moyens. Comme il est difficile de séparer la valeur de l'impôt sur le revenu attribuable au revenu agricole de celle attribuable au revenu non agricole, la charge fiscale ne peut être estimée pour le secteur de l'agriculture. Par conséquent, comme on ne peut estimer le bénéfice net pour le secteur agricole, on utilise plutôt le bénéfice net avant impôt (BNAI). Dans le jeu 1, le bénéfice net avant impôt est tiré des séries de données sur la valeur ajoutée en additionnant le loyer versé aux propriétaires non-exploitants, les bénéfices des sociétés, les salaires perçus par la famille et les rendements de l'exploitant non constitué en société. Dans les jeux 2 et 4, les salaires perçus par la famille ne sont pas inclus. Le loyer versé aux propriétaires non-exploitants n'est pas inclus dans les jeux 3 et 4. Les capitaux propres moyens (CPM) correspondent à la moyenne des capitaux propres au début et à la fin de l'année. Par conséquent, le rendement des capitaux propres se calcule de la façon suivante : (BNAI/CPM).

Le ratio de couverture de l'intérêt [(BNAI+I)/I] correspond au bénéfice net avant impôt augmenté des intérêts et divisé par les intérêts. La méthode utilisée pour calculer le numérateur (BNAI+I) a été décrite au paragraphe traitant du rendement de l'actif. Le dénominateur (intérêts) est également tiré du compte de valeur ajoutée.